Entre science-fiction et mémoire fragmentée, DELETE explore la confrontation entre intelligences artificielles et humaines.
Davos, photographe, est fait prisonnier après la guerre nucléaire qui a achevé de détruire la Terre. Sans cesse une même image revient hanter ses nuits.
Mad, la femme qu’il aimait, disparue, dont il tente de retrouver la trace. Ailleurs, sur une exoplanète, des intelligences artificielles, observent, analysent,
copient. Elles ont enlevé Mad, physicienne, écoterroriste. A force de piller son cerveau, elles y ont déclenché un bug qu’elles ne peuvent réparer. Pour
restaurer sa mémoire, elles convoquent Davos, l’homme que Mad aimait.
La pièce avance à partir de ces tentatives. Les souvenirs apparaissent par fragments. Un corps, des gestes retrouvés, un train. D’abord flous, instables, puis
plus nets, comme s’ils émergeaient d’un flux de données en train de se reconstituer. Une mémoire qui n’appartient qu’à Mad.
Le plateau rend visibles ces processus. D’un côté, les images artificielles révèlent les données du cerveau de Mad tandis que des caméras de surveillance
scrutent son visage ainsi que celui de Davos pour que la reconnaissance faciale permette d’analyser leurs émotions retrouvées. Mais l’amour est-il une
donnée qui puisse se coder ?
Des images générées en direct se projettent, des voix se transforment, la musique agit comme un contrepoint. Une percussionniste déclenche sons et
matières, prolonge ou déplace la parole.
Entre mélodrame et expérience scientifique, DELETE suit ce mouvement. Une mémoire tente de se reconstituer, une identité se reconstruit, sous le
regard de machines qui, malgré leur puissance, butent sur ce qui ne se calcule pas. Une seule chose est certaine : on ne revient pas en arrière, dira Davos.

Création le 9 octobre 2026 au Cube, Garges-lès-Gonesse (95)

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